A ce jour, aucun gisement de terres rares n'est en exploitation en Europe.
Vue aérienne du site du gisement Fensfeltet, à Ulefoss, en Norvège. ( AFP / SULEJMAN ALIHODZIC )
Le gouvernement norvégien a annoncé mercredi 22 septembre envisager le début de l'exploitation du plus grand gisement de terres rares d'Europe entre 2030 et 2035, avec la mise en place d'ici 2028 "au plus tard" d'un plan d'exploitation. Le projet se heurte aujourd'hui à des considérations environnementales.
Situé à 150 km au sud-ouest d'Oslo, le gisement Fensfeltet recèlerait 15,9 millions de tonnes d'oxydes de terres rares , notamment du néodyme et du praséodyme, éléments qui entrent dans la composition de "super aimants" utilisés notamment dans les véhicules électriques, les énergies vertes et la défense.
Après plusieurs retards, Rare Earths Norway (REN), la compagnie propriétaire des droits d'extraction, dit envisager d'entamer l'exploitation de Fensfeltet dans la première moitié de la décennie 2030 .
Mais le processus achoppe sur des obstacles environnementaux. Si REN prévoit une "mine invisible" -avec une extraction et un concassage sous terre-, son projet préféré de parc minier se trouve dans une zone recouverte de forêts naturelles anciennes, riches en biodiversité. Des expertises y ont recensé 78 espèces animales et végétales placées sur la liste rouge du pays, c'est-à-dire menacées, à des degrés divers, de disparition : différents coléoptères saproxyliques (liés au bois mort), des ormes de montagne, des frênes communs, une quarantaine de types de champignons, des mousses...
En début d'année, le gouvernement a pris le relais de la municipalité pour effectuer le travail de planification, y compris l'étude d'emplacements alternatifs des installations de surface.
Indispensable à la transition énergétique
"L'objectif est d'avoir un plan (d'exploitation, ndlr) en place au plus tard en 2028, mais si possible avant", a déclaré la ministre du Commerce et de l'Industrie, Cecilie Myrseth, lors d'une conférence de presse mercredi.
Indispensables à la transition énergétique et numérique, les terres rares sont définies comme critiques par l'Union européenne qui dépend aujourd'hui de la Chine, poids lourd du secteur, pour ses approvisionnements.
"Dans ce contexte, Fensfeltet peut contribuer à l'approvisionnement européen comme occidental", a fait valoir Cecilie Myrseth. A ce jour, aucun gisement de terres rares n'est en exploitation en Europe.
Sollicitée par l' AFP , REN a indiqué chercher à clarifier le calendrier du gouvernement avant de s'exprimer. "Le fait que le ministère du Commerce et de l'Industrie assume désormais la responsabilité dans le processus de planification montre l'importance que le gouvernement accorde à Fensfeltet", a commenté Alf Reistad, responsable de la communication du groupe.
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